Le convoi
des braves…
Par Bruno Mazzocchi
De vaillants gardiens de la loi doivent escorter un
criminel à travers une contrée dangereuse, avec le risque de voir débouler sur
leur dos les complices de leur prisonnier… Si ça vous parle, rien de plus normal, puisque
la même trame a déjà servi de fil blanc à de nombreux scénarii, tel que celui
de 3H10 pour Yuma ! Locafilm vous
sert de guide à travers une petite sélection.
16 Blocs (2006)
Alors qu’il se voyait rentrer chez
lui tranquille à la fin de son service, en pantoufles et la bière à la main,
l’inspecteur Jack Mosley se voit confier une ultime mission : escorter Eddie
Bunker jusqu’au palais de justice où celui-ci doit témoigner. A priori pas de
quoi s’enthousiasmer… Sauf que les dix minutes que devait durer le trajet vont
se transformer en une véritable guérilla urbaine tartinée de chasse à l’homme
sanglante !
Rencontre au sommet entre Richard « L’Arme
Fatale » Donner et Bruce « Die Hard » Willis, le film multiplie
intelligemment les angles de narration et réussit (presque) à la perfection le
pari de l’action en temps réel. Le moment fort du long-métrage reste sans
conteste la poursuite hallucinante en bus, tournée en plein centre ville de
Toronto au milieu de plus de vingt-cinq véhicules et dirigée par une équipe de
près de cinquante cascadeurs ! Le résultat à l’écran est sidérant, tout
simplement !
Le Convoyeur (2004)
Victime de braquages en série
n’ayant laissé aucun survivant au cours de l’année, la société de transports de
fonds Vigilante subit de plein fouet une crise économique et humaine qui risque
bien de la mener tout droit au fond du trou. C’est dans ce contexte délicat que
surgit un jour Alexandre Demarre, en quête d’un travail. Mais qui est ce
mystérieux personnage : un braqueur, un flic, un chômeur ? Une
question qui pèse lourd, très lourd, lorsque l’on veille chaque jour sur plus
de dix fois son propre salaire…
Film quasi documentaire sur le monde de l’entreprise tout
autant que thriller nerveux, le film de Nicolas Boukhrief tape dans le mille et
se révèle passionnant du début à la fin. En raison de l’opacité (légitime !)
qui régit le milieu du transport de fonds, le cinéaste et son scénariste ont du
faire appel à une journaliste de terrain, laquelle est parvenu au fil du temps
à recueillir de précieuses informations sur un secteur professionnel encore
jamais mis en scène de cette façon dans le cinéma français. On notera enfin les
prestations exceptionnelles de Jean Dujardin et Albert Dupontel, qui prouvent
ici qu’ils restent deux des plus grands acteurs français actuels.
Le Convoi (1978)
Les histoires les plus rocambolesques
débutent parfois sur une broutille… La preuve dans le film de Sam Peckinpah :
suite à une bagarre entre routiers, les routes américaines deviennent soudain
le théâtre d’une véritable guerre entre routiers, policiers et
militaires ! Ici, ça sent bon l’asphalte, la gomme et le sang, alors nous
ne saurions trop conseiller aux midinettes et autres âmes sensibles de passer
leur chemin et surtout, d’éviter de traverser la route aux heures de
pointes !
Inspiré d’une chanson homonyme sortie sur les ondes en
1976 (un fond de country vantant les mérites d’une marque de pain, comprenne
qui pourra…), Le Convoi démontre une
nouvelle fois tout le talent de metteur en scène de Sam Peckinpah, entre
beauté formelle et rage exaltée, même s’il ne s’agit pas ici – et de loin – de
son meilleur film. Côté rumeurs, l’acteur James Coburn, ami et collaborateur de
longue date du réalisateur, aurait paraît-il remplacé ce dernier lors du
tournage de plusieurs séquences, mais il n’y a plus personne aujourd’hui pour
l’attester…
Le Salaire de la Peur (1953)
Quatre hommes acceptent de
transporter, à leurs risques et périls, une cargaison entière de nitroglycérine
sur plus de cinq cent kilomètres de routes sauvages à travers l’Amérique
Centrale. Un boulot dangereux et ingrat, mais qui constitue leur seul passeport
vers un avenir meilleur, loin du taudis dans lequel ils ont échoué ou sont
venus se réfugier…
Vous cherchez le meilleur film d’action français de tous
les temps ? Le voici ! Cette adaptation de l’œuvre signée Henri-Georges
Clouzot n’a en effet rien perdu de sa force, un exploit essentiellement
rattaché à la prestation monumentale d’Yves Montand, pur concentré de gouaille made in France et de virilité exotique.
Considéré comme un violent pamphlet contre la dictature capitaliste des
Etats-Unis et leur politique d’ingérence dans la vie quotidienne des peuples
d’Amérique latine, le film fut amputé de ses trois premiers quarts-d’heure lors
de sa diffusion sur le marché nord-américain ! Une « discorde »
qui n’empêcha pas Hollywood de remaker ce petit trésor national en 1973, dans
une version signée William Friedkin.
B.M